Médiation animale,  Médiation équine

Médiation animale et gestion des émotions chez les adolescents : une expérience vécue

Récemment, j’ai accueilli un groupe d’adolescents de 15 à 17 ans pour un atelier de médiation animale autour de la gestion des émotions, en présence d’éducatrices en formation à l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Avant même d’aller vers les animaux, nous avons commencé par une “météo intérieure”.

Je leur ai proposé de se situer :
Comment je me sens en arrivant ?
Plutôt calme, énervé, anxieux ?

Ce temps simple permet déjà une première prise de conscience. On ne cherche pas à analyser, juste à observer.


Atelier avec les poneys : respiration, relâchement et connexion

Le premier atelier s’est déroulé avec les poneys.

L’objectif était clair : travailler la respiration, le relâchement corporel et la connexion.

Avec l’aide de photos d’Utopic, j’ai montré différentes attitudes : tension, disponibilité, fermeture, curiosité. Nous avons observé ensemble ce que le corps raconte, chez l’animal comme chez l’humain.

Puis sont venues les interactions avec Noisette.

Les chevaux et poneys sont d’une grande sensibilité. Ils perçoivent immédiatement la tension, l’agitation, l’incohérence. Ce jour-là, leur attitude parlait d’elle-même : ils étaient calmes, présents, totalement disponibles.

C’était un indicateur précieux.

Nous avons proposé un exercice simple :
respirer profondément, relâcher les épaules, poser son intention… puis demander l’arrêt au poney uniquement avec cette qualité de présence.

Quand le poney s’arrête dans le calme, les jeunes comprennent immédiatement le mécanisme.
Ils expérimentent concrètement que pour obtenir une réponse apaisée, il faut d’abord réguler son propre état interne.

Un simple exercice de respiration devient alors un outil puissant pour redescendre la pression.

La médiation animale prend tout son sens ici : le corps comprend avant même que les mots arrivent.


Atelier avec les cochons d’Inde : observer pour mieux comprendre les émotions

Dans un second temps, nous avons travaillé autour des cochons d’Inde.

Nous avons observé leur posture, leurs micro-mouvements, leurs réactions.
Un cri lors d’une interaction, un corps qui se fige, un autre qui s’apaise progressivement.

À partir de ces observations, la parole se libère plus facilement.

Pourquoi crie-t-il ?
Que se passe-t-il dans son corps ?
Comment sait-on qu’il a peur ?

Petit à petit, sans parler directement d’eux, les jeunes font des liens.

Nous avons pu rappeler ensemble que les émotions sont nécessaires.

La joie favorise le bien-être et le lien social, la peur permet de se mettre en sécurité, la colère signale une limite, la tristesse permet de ralentir et de se protéger.

En médiation animale, l’émotion n’est ni bonne ni mauvaise. Elle a une fonction et le meilleur choix est de savoir ce que l’on veut en faire.


Une approche concrète de la gestion des émotions chez les adolescents

Ce que j’aime dans la médiation animale auprès des adolescents, c’est cette possibilité de passer par le corps, par l’expérience.

On ne parle pas “sur” les jeunes, on vit une situation, on observe, on ressent.
Puis on met en mots.

À la fin de la séance, nous avons repris la météo intérieure du début.
Et déjà, les visages racontaient autre chose.

La médiation animale devient alors un outil concret de régulation émotionnelle.